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10 janvier 2024

Le son compressé : un danger pour la santé auditive

A l’occasion de La semaine du son qui se tient du 15 au 28 janvier 2024, organisée par l’UNESCO et fondée par l’ingénieur acousticien Christian Hugonnet, l’association Peace & Sound évoque dans cet article la compression du son et les risques pour la santé auditive.

La compression du son est née dans les années 60 au moment où il fallut mettre une guitare et une batterie l’une à côté de l’autre. On a alors réalisé qu’on ne pouvait pas accomplir le mixage de ces deux instruments dotés de niveaux totalement différents. C’est ainsi qu’un compresseur a été imaginé pour comprimer le son de la guitare et le remonter au niveau de la batterie. Dans les années 80/90, les publicitaires s’emparèrent de cette technique et se mirent à écraser le son afin de le faire remonter vers le haut.

Autrement dit, là où préexiste une très grande dynamique de beaucoup de nuances, on écrase tout, on fait remonter le niveau vers le haut pour finalement obtenir une galette qui se situe au-dessus de la nappe des bruits ambiants de la ville.

Lors de l’étude “Danger pour l’audition de la musique compressée” réalisée en 2021/2022 par l’INSERM et l’université de Clermont Auvergne, le professeur Paul Avan, directeur du Centre de recherche et d’innovation en audiologie humaine a mis en évidence les risques auditifs liés à ces sons compressés. L’étude a démontré une relation de cause à effet entre les sons surcompressés, voire très compressés, et la perte potentielle de l’audition chez les cochons d’Inde. Les risques résident dans le fait que ces sons arrivent toujours au même niveau et ne descendent jamais. L’oreille et le cerveau ne bénéficient plus de ces micro-silences qui permettent la respiration et le repos nécessaires au bon fonctionnement des cellules ciliées à l’intérieur de l’oreille interne. Ces cellules ciliées ne sont plus capables de se régénérer, elles s’atrophient et se détériorent.

La sur-compression systématique peut également entraîner des effets extra-auditifs, tels qu’une hypertension artérielle et du stress.

De nombreux labels musicaux sont conscients de cette situation, qui représente non seulement un problème sanitaire, mais aussi un problème de respect envers l’œuvre et le musicien.

À partir de cette étude le projet de label “qualité sonore” a été lancé en janvier 2023, avec le soutien de la fondation “Écoutez Voir”, en partenariat avec l’Institut Pasteur, l’Institut de l’Audition, l’Ircam Amplify et Universal Music. Ce label sera officiellement présenté à l’UNESCO en janvier 2025, à l’occasion de La semaine du son. Il concerne l’industrie du disque, mais également tous les supports de reproduction audiovisuelle, de la radio et de la télévision aux plateformes de streaming.

Les risques auditifs liés à la musique sur-compressée constituent un problème de santé auquel les médecins généralistes et les oto-rhino-laryngologistes sont confrontés en première ligne. Il est de notre devoir en tant que professionnels de la santé d’informer nos patients sur les impacts d’une écoute prolongée de musique, quel que soit le support.

Il est essentiel de prévenir et de sensibiliser les patients, qu’ils soient adultes, adolescents ou parents.

Lors de la Semaine du son Peace & Sound diffuse des informations sur le son et sur les risques auditifs sur sa page Facebook et Instagram.

Toutes les informations sont disponibles sur le Linktree de l’association : https://linktr.ee/peaceandsound

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